La prédiction!

Bonjour à toutes et à tous,

et oui déjà la fin du mois d’août! Certains trouveront qu’il n’y a pas eu d’été alors que d’autres sont heureux de voir le soleil se coucher de plus en plus tôt et apeuré de voir que leurs équipements n’est pas encore prêt! L’automne approche à grand pas et qui dit automne, dit saison de prédilection des passionnés de chasse de toutes sortes.

Les premières oies d’affairent déjà à quitter l’arctique canadien pour atteindre le nouveau Québec. Les équipes de biologistes quittent également cette région pour rejoindre la civilisation. Voici les dernières nouvelles de la reproduction des oies ainsi que la fameuse prédiction chercheur principal sur la Grande Oie des neiges M. Gilles Gauthier.

à bientôt,

Benoit

Bonjour,

La saison de terrain 2015 est maintenant terminée à la station de l’Île Bylot. La dernière activité importante de la saison, soit le baguage des oies des neiges, a eu lieu du 7 au 13 août. Les groupes d’oies étaient assez abondants et la bonne météo qui a prévalu tout l’été a continué pendant le baguage des oies. Au final, notre équipe a bagué 3689 oies, dont 587 femelles adultes avec des colliers, et 97 oisons marqués avec des web-tags à l’éclosion ont été recapturés. Il s’agit d’un très bon résultat.

Le rapport jeunes:adultes dans nos captures était de 0.985 (chiffre préliminaire), une valeur un peu plus faible que ce que je m’attendais basé sur les observations de terrain faites jusqu’à l’éclosion. En effet, on avait un assez bon effort de reproduction dans la colonie et une bonne taille de ponte. Il semble que ce soit la taille des familles qui était assez faible (rarement plus de 2 jeunes) à la fin de l’été, suggérant une mortalité estivale assez importante des jeunes. Une prédation élevée due à une forte abondance de renards sur l’île cette année ou encore un manque de nourriture due à la sécheresse qui perduré tout l’été pourraient expliquer une telle mortalité. Ce rapport jeunes:adultes permet de prédire un pourcentage de jeunes pour cet automne autour de 20%, soit une valeur quand même près de la moyenne à long-terme (22%).

Les bonnes conditions climatiques qui ont prévalues à Bylot durant tout l’été n’étaient pas généralisées dans tout l’Arctique cette année. En effet, alors que Bylot et les secteurs plus au nord ont bénéficié d’une température exceptionnellement belle cet été, les secteurs plus au sud (centre/sud de Baffin) ont au contraire eu un des pires étés des dernières décennies (pluie, froid et vent presqu’en permanence). Compte tenu qu’un nombre non négligeable de grandes oies des neiges nichent plus au sud sur Baffin, la prédiction globale pour la volée d’automne s’avère donc un peu plus difficile cette année. En effet, si on se base uniquement sur ce qu’on a observé à Bylot, on s’attendrait à une année moyenne, avec une proportion de jeunes à l’automne semblable à l’année passée. Toutefois, comme la reproduction des oies qui ont nichées plus au sud a vraisemblablement été plus mauvaise, on pourrait s’attendre au final à une proportion de jeunes un peu plus faible que la prédiction basée sur l’île Bylot.

Bon automne,

Gilles Gauthier

Département de biologie & Centre d’études nordiques

L’éclosion s’est bien passée!

Bonjour à tous,

et oui, le mois d’août est à nos portes! Voici le troisième message de M. Gilles Gauthier chercheur à l’université Laval:

Bonjour,

Voici une mise-à-jour de la nidification de l’oie des neiges à l’Île Bylot. Je reviens tout juste d’une séjour de plus de 3 semaines avec l’équipe là-haut.

La météo est cette année particulière dans l’est de l’Arctique canadien avec des systèmes météo qui semblent figés sur place. La moitié sud de la terre de Baffin a, depuis le début juin, des conditions nuageuses, froides et pluvieuses. Iqaluit, par exemple, a un début d’été parmi les plus froids depuis très longtemps (la disparition de la glace de mer a près de 3 semaines de retard). À l’inverse, l’extrême nord de Baffin, dont l’Île Bylot, et les régions plus au nord, jouissent de conditions ensoleillées et de températures et au-dessus des normales de façon presque interrompu depuis la mi-juin. Ainsi, depuis le 30 mai, notre équipe avait enregistré seulement 9 mm de pluie an date du 15 juillet, 2 à 3 fois plus bas que la normale.

La météo est donc très favorable pour les oies jusqu’à maintenant, sauf pour celles qui nichent plus au sud que Bylot. La seule ombre au tableau est que la toundra commençait être assez sèche à mon départ (plusieurs ruisseaux étaient à sec, ce qui est inhabituel), ce qui pourrait affecter négativement la croissance des plantes sur lesquels les jeunes se nourrissent.

L’éclosion des oies est maintenant terminée et notre équipe a pu marquer plus de 2500 jeunes au nid, un nombre élevé, notamment à cause d’une bonne densité d’oiseaux et de la bonne météo. La phénologie de la reproduction des oies est normale cette année, avec le pic de pont survenu le 11-12 juin et le pic d’éclosion le 9 juillet, ce qui correspond aux dates moyennes enregistrées depuis 20 ans. La taille de ponte était de 3.60, légèrement sous la moyenne de 3.71.

L’abondance des lemmings, la proie principale des prédateurs d’oies, a diminué suite au pic de l’année passée. Bien que les lemmings étaient encore abondant dans certains secteurs à la mi-saison, leur déclin semble s’être poursuivi dans d’autres secteurs. Ceci est sans aucun doute du à la forte abondance de prédateurs (surtout les renards) suite à leur excellente reproduction en 2014. Cette abondance, combiné à la tendance au déclin des populations de lemmings, a accentué l’activité des prédateurs dans la colonie d’oies cette année. Néanmoins, à la mi-incubation, près de 84% des nids recensés à la ponte étaient encore actifs, un nombre étonnamment élevé.

Il appert donc que, dans l’ensemble, les indices de reproduction des oies sont assez favorables encore cette année jusqu’à maintenant, du moins à l’île Bylot. On pourrait donc s’attendre à une production de jeunes comparable à celle de l’année passée, en autant que les colonies d’oies plus au sud n’aient pas trop souffert du mauvais temps.

La dernière étape de la saison sera le baguage des oies, qui commencera dans un peu plus de 2 semaines. Je pourrai vous donner des informations sur cette dernière étape de la nidification des oies vers la fin du mois d’août.

Bonne fin d’été!

Gilles Gauthier

Ces dernières nouvelles sont encourageantes pour la saison 2015! On se croise les doigts pour que les températures chaudes se maintiennent. M. Gauthier fera parvenir un dernier message après la période de marquage des oies qui se déroule au début du mois d’août. C’est à ce moment qu’il y va de sa prédiction annuelle.

à bientôt,

Benoit

Dernières nouvelles avant la migration!

Bonjour à tous et à toutes,

le baguage des oies dans l’Arctique est maintenant terminé. C’est après cette étape que M. Gilles Gauthier publie sa prédiction en sur le succès de reproduction des oies à l’été 2014.

Les données recueillies sur le terrain indique à M. Gauthier que le % de jeunes dans la volée cet automne pourrait atteindre les 28%. Un peu en haut de la moyenne à long terme (22%).

Voici le texte au complet:

La saison de terrain 2014 est maintenant terminée à la station de l’Île Bylot. La dernière activité importante de la saison, soit le baguage des oies des neiges, a eu lieu du 5 au 16 août. Même si les oies étaient assez abondantes cette année, la météo a été très mauvaise. En fait, l’été 2014 s’est déroulé en 2 temps : alors que juin et la première moitié de juillet a été très ensoleillée avec du temps sec et assez chaud, la fin de juillet et le mois d’août ont été brumeux, frais et très pluvieux. Ces conditions ont empêché l’hélico de voler durant de nombreuses journées en août, rendant ainsi le baguage des oies particulièrement difficile. Au final, seulement 2003 oies ont pu été baguées, dont 203 femelles avec des colliers, et 48 jeunes marqués avec des web-tags à l’éclosion ont été recapturés. Il s’agit du plus faible nombre d’oies bagués à l’île Bylot en une saison depuis 1999.

Le rapport jeunes:adultes dans nos captures était de 1.19 (chiffre préliminaire), une valeur assez élevée. Ce rapport jeunes:adultes permet de prédire un pourcentage de jeunes pour cet automne autour de 28%, une valeur au-dessus de la moyenne à long-terme (22%) et nettement mieux que ce qu’on a connu durant les 2 dernières années (12% en 2012 et 8% en 2013). Compte tenu des bonnes conditions de nidification qui ont prévalues jusqu’à l’éclosion (nidification hâtive, taille de ponte élevée, faible taux de prédation sur les œufs) et dont j’ai fait part dans mes précédents messages, je me serais attendu à une abondance encore plus grande de jeunes au baguage que ce que nous avons observé. Il est donc probable que le temps frais et pluvieux qui a prévalu durant presque toute la période d’élevage des jeunes ait affectée négativement leur survie et leur croissance.

En résumé, même si ma prévision sur la production de jeunes oies des neiges est un peu moins optimiste que celle que j’avais formulée en juillet, je m’attends quand même à une très bonne production pour cet automne. Toutefois, il faut se rappeler qu’il reste encore une étape importante pour les oies avant de les voir arriver le long du Saint-Laurent, soit la longue migration depuis l’Arctique, et les conditions rencontrées durant ce parcours peuvent affecter la survie des jeunes. De plus, je n’ai pas d’information sur les conditions environnementales qui ont prévalues à d’autres sites de nidification de l’oie des neiges que l’île Bylot cette année.

Gilles Gauthier
Département de biologie & Centre d’études nordiques
Pavillon Vachon
1045 avenue de la Medecine
Université Laval

Encore un mois et nous entendrons le premières!

à bientôt,

Benoit

Encore des bonnes nouvelles!

Bonjour à tous et a toutes,

la rapport no3 Gilles Gauthier mentionne encore que les nouvelles sont excellentes en ce qui concerne la reproduction des oies dans l’Arctique. En espérant que les conditions continuent d’être excellentes et qu’elles aient été similaires sur la majorité de l’aire de nidification!

à bientôt,

Benoit

Voici le texte complet:

Source: Gilles Gauthier, Université Laval.

La météo favorable qui a prévalue en juin a continué jusqu’à la fin de l’éclosion des oies à la mi-juillet. En effet, nous avons eu une période prolongée de plus de 4 semaines avec du soleil à chaque jour. On n’a eu que quelques jours avec de averses à partie du 14 juillet, ce qui fait de cette saison une des années les plus sèches jamais observée sur Bylot, surtout qu’il y avait eu très peu de neige l’hiver dernier.

L’éclosion des oies est maintenant terminée et notre équipe a pu marquer plus de 2500 jeunes au nid, un nombre élevé, notamment à cause d’une bonne densité d’oiseaux et de la bonne météo. La densité de nids dans la colonie est comparable aux années précédentes mais ce qui est remarquable cette année est qu’on a aussi un nombre d’oiseaux assez élevé qui niche un peu partout sur l’île, en association avec les harfangs. En effet, avec le pic d’abondance des lemmings qu’on observe cette année, on a recensé plus de 100 nids de harfangs sur l’île, un record (et on en a certainement manqué plusieurs!). La plupart de ces nids de harfangs ont plusieurs dizaines de nids d’oies aux alentours.

Tous les indices de reproduction des oies sont favorables cette année. La date moyenne de ponte a été hâtive (10 juin vs 12 juin en moyenne), la taille de ponte élevée (4.1 œufs par nid vs 3.7 en moyenne) et le taux de prédation total des nids a été très faible (environ 95% des nids recensés étaient encore actifs au début de la période d’éclosion). Ce faible taux de prédation est dû au fait que les prédateurs comme le renard délaissent les oies cette année avec l’abondance de lemmings et aussi à cause de l’effet protecteur offert par les harfangs aux oies qui nichent au voisinage.

Le beau temps qui a prévalu pendant l’éclosion a aussi sûrement favorisé la survie des jeunes durant les premiers jours. En fait, la seule ombre au tableau est que les conditions très sèches qui ont prévalues au début de l’été ont pu diminuer la croissance des plantes, ce qui pourrait réduire la nourriture disponible aux jeunes pendant l’élevage.

Néanmoins, sur la base des conditions de nidification qu’on a observé jusqu’à maintenant à l’Île Bylot, on s’attend à une très bonne production de jeunes pour l’automne.

Des nouvelles de l’Arctique!

Bonjour à tous et à toutes,

et oui, les journées ont commencé à raccourcir! C’est un excellent signe que l’automne s’en vient. Désolé de ne pas avoir été présent ces derniers temps… Je me suis promené pas mal pour effectuer différents inventaires ornithologiques (St-Fulgence, Havre-St-Pierre, Fire Lake).

Je vous écris ce message pour vous transmettre les premiers bilans de l’avancement de la nidification des oies dans l’Arctique. La source de ces messages est Dr. Gilles Gauthier du CEN et de L’Université Laval.

Ça augure bien pour cet automne. La prochaine étape critique est l’éclosion des oeufs et les premières semaines de vie des jeunes! À ce moment de l’année, ils sont vulnérables aux mauvaises conditions climatiques (précipitation, vents et température basse). On se croise les doigts.

Voici les messages:

Premier message (9 juin):

Les premières informations reçues aujourd’hui indiquent une accumulation de neige assez faible au cours de l’hiver. La température est présentement douce et la fonte de la neige progresse rapidement. Après deux années de très faible abondance de lemmings, il semble que ces petits rongeurs soient au rendez-vous cette année et très abondants sur l’Île. Cette abondance, ainsi que la présence de nombreux harfangs des neiges qui dépendent des lemmings pour se nourrir, avait aussi été rapportée par une autre équipe présente sur l’Île depuis 3 semaines et qui étudie le renard arctique. Je vous rappelle qu’une forte abondance de lemmings est généralement associée à un faible taux de prédation sur les nids d’oies.

Voici pour les premières observations. D’autres devraient suivre dans les prochains jours.

Deuxième message (19-juin):

Tel que précisé dans mon précédent message, l’accumulation de neige à l’île Bylot a été très faible cet hiver et la fonte a procédé rapidement au début juin, aidé par des températures douces. Ceci contraste avec les dernières années qui avaient été particulièrement enneigées. La fonte a été parmi les 5 années les plus hâtive depuis 20 ans et il faut remonter à 2008 pour une fonte comparable.
Les premiers décomptes d’oies sur les sites d’alimentation à l’arrivée étaient faibles mais ceci est probablement dû au fait que les sites de nidification se sont dégagés tôt avec la fonte hâtive, ce qui a rapidement amené les oies à se disperser sur une plus grande superficie.
La reproduction est bien amorcée et l’effort de reproduction est bon, au moins aussi bon que l’an passé. Présentement, plus de 200 nids sont déjà suivis. La date de ponte médiane, basé sur un premier échantillon de 75 nids, est le 10 juin, ce qui est un peu plus tôt que la moyenne à long-terme (12 juin).
Après 2 années de creux, les lemmings sont abondants cette année et on note une forte nidification par les harfangs des neiges. Généralement, ces conditions sont favorables aux oies en réduisant la prédation sur les nids. D’une part, les renards ayant beaucoup de lemmings pour s’alimenter, ils délaissent en partie les œufs d’oies, et d’autre part beaucoup d’oies nichent au voisinage des nids de harfangs, qui leur offrent une protection en chassant les prédateurs de leur territoire.
En résumé, les conditions de reproduction des oies à l’Île Bylot sont jusqu’à maintenant très favorables pour cette année, mais évidemment la saison de reproduction est encore jeune!

SOURCE:
Gilles Gauthier
Département de biologie & Centre d’études nordiques

Rapport de baguage sur l’île Bylot

Bonjour à tous et à toutes,

la fébrilité de l’automne commence à nous gagner! Les feuilles des arbres sont passées d’un vert éclatant à un vert ternie ce qui nous indique que bientôt elles changeront de couleur annonçant le vraie début de l’automne 😉

Voici le dernier message de Gilles Gauthier concernant le baguage des oies sur l’île Bylot. Cette étape est la dernière de suivi de la reproduction des oies dans l’Arctique:

Source: Gilles Gauthier.
La saison de terrain 2013 est maintenant terminée à la station de l’Île Bylot. La dernière activité importante de la saison, soit le baguage des oies des neiges, a eu lieu du 5 au 13 août et s’est très bien déroulée cette année. Le mois d’août a offert à note équipe un heureux contraste avec le mois de juillet qui avait été assez humide et froid. En effet, le soleil a brillé durant toute la période du baguage des oies et des températures chaudes (pour la latitude!) ont prévalu durant cette période. Le résultat et que l’équipe a pu baguer les oies de façon continue pendant 9 jours (ce qui est très rate!). Au final, c’est plus de 4850 nouvelles oies qui ont été bagués, un nombre très élevé. Parmi ce nombre, près de 600 femelles adultes ont été marqués avec un collier et 115 jeunes marqués avec des web-tags à l’éclosion ont été recapturés.
Le rapport jeunes:adultes dans nos captures était de 1.11 (chiffre préliminaire), soit nettement mieux que l’année passée (0.92). Ce rapport jeunes:adultes permet de prédire un pourcentage de jeunes pour cet automne de 25%, ce qui serait légèrement au-dessus de la moyenne à long-terme (22%) et plus élevé que l’an passé (12%). Les conditions climatiques au printemps et en début d’été étaient assez similaires à l’année précédente à l’Île Bylot et près des normales mais la grande différence est que le taux de prédation sur les nids a été faible cette année. Les lemmings étaient très bas pour une deuxième année consécutive et il semble que l’abondance des renards, principal prédateur des oies, a chuté cette année, probablement suite à une mortalité élevée durant l’hiver dû au manque de lemmings.

Une mise en garde toutefois s’impose car les informations que nous avons eu pour des sites encore plus au nord suggèrent que les conditions y ont été nettement moins favorables qu’à l’Île Bylot cette année. Le printemps en particulier a été très froid et en retard aux latitudes plus élevées que l’Île Bylot et des personnes ont rapporté beaucoup d’oiseaux non-nicheurs, dont des oies. Je suspecte donc que nos chiffres ne soient pas entièrement représentatifs des conditions de reproduction rencontrées par les oies des neiges à travers tout l’Arctique cette année et qu’en conséquence le pourcentage de jeunes à l’automne soit plus bas que la prédiction faite à partir des données de l’Île Bylot.

En résumé, je m’attends à une production de jeunes près de la moyenne ou un peu en dessous, mais plus élevée que l’année dernière. On saura dans quelques semaines si cette prédiction est exacte!
Gilles Gauthier Département de biologie & Centre d’études nordiques Université Laval

Enfin des nouvelles un peu meilleur que le dernier rapport. Espérant que ces nouvelles se concrétisent.

à bientôt,

Benoit

Nouvelles de l’Arctique

Bonjour à tous et à toutes,

j’espère que vous profitez de l’été! Et oui, l’automne est à nos portes et la saison de reproduction des oies se déroule rondement! 😉 Voici d’autres nouvelles en provenance de l’Arctique.

Source: Gilles Gauthier, professeur, département de biologie et Centre d’Études Nordiques, Université Laval.

Voici une mise-à-jour de la nidification de l’oie des neiges à l’Île Bylot. L’éclosion est maintenant terminée et notre équipe a pu marquer plus de 2500 jeunes au nid, un nombre plus élevé que par les années passées, notamment à cause de à la forte densité de nids d’oies au centre de la colonie et de la prédation modérée sur les oeufs. La date médiane d’éclosion était environ 2 jours plus tard que normal cette année. Ceci étant dit, certains éléments m’amènent toutefois à réviser à la baisse ma prévision pour la production de jeunes cet automne.
D’abord, un survol de la colonie au début juillet a indiqué que malgré une densité de nids d’oies assez élevée au centre de la colonie, l’étendue de celle-ci était plus restreinte cette année, surtout dans les secteurs les plus hauts en altitude où la neige a peut-être fondu plus tardivement. De plus, après un mois de juin relativement près des normales, le mois de juillet a été assez froid et souvent pluvieux, en particulier au moment du pic d’éclosion des oies. À titre d’indication, la glace sur la lac de notre camp n’a disparue complètement que hier (21 juillet), soit une bonne semaine plus tard que normal (en fait, c’est la date la plus tardive depuis une décennie). Ces conditions froides et pluvieuses pourraient affecter négativement la survie des jeunes pendant leurs premiers jours.
On peut aussi craindre que plus au nord les conditions de nidification des oies des neiges aient été nettement moins bonnes qu’à l’île Bylot. En effet, il semble que dans l’archipel des Ile de la Reine Elisabeth le printemps et l’été sont aussi assez froid et que la neige a fondu tardivement. On m’a rapporté un nombre plus élevé qu’à l’habitude de bernaches cravants non-nicheurs dans cette région, probablement à cause de ces conditions froides. On peut présumer que la situation a été similaire pour les oies des neiges à ces latitudes.
Donc, sur la base de ces dernières informations, je m’attends à une production de jeunes à l’automne plus basse que normale. On peut néanmoins espérer une production un peu meilleure que l’année dernière, qui avait été assez faible.
La dernière étape de la saison sera le baguage des oies, qui commencera dans 2 semaines environ. Je pourrai vous donner des informations sur cette dernière étape de la nidification des oies vers la fin du mois d’août.
Bonne fin d’été!

Gilles Gauthier

En espérant que la fin de l’été soit chaude et ensoleillée!

à bientôt,

Benoit

Premières nouvelles de l’Arctique

Salut à tous et à toutes,

voici les premières nouvelles en provenance de l’île Bylot située dans l’Arctique.

Source: Gilles Gauthier, professeur, département de biologie et Centre d’Études Nordiques, Université Laval.

Bonjour,
Voici les dernières nouvelles de la nidification de l’oie des neiges à l’Île Bylot.
Jusqu’à maintenant, les conditions de nidification sont plutôt bonnes. La date moyenne de ponte, estimée au 12 juin, est exactement la moyenne à long-terme (11-12 juin). Le nombre d’œufs moyen par nids est de 3.58, soit légèrement sous la moyenne à long-terme (3.71). Par contre, le taux d’échec de nids jusqu’à la fin de l’incubation n’est que de 20%, ce qui est étonnamment faible (la moyenne jusqu’à l’éclosion est habituellement de 35%).
On anticipait un taux de prédation élevé sur les œufs à cause de la quasi absence de lemmings pour une 2e année consécutive après le fort pic de 2011. Quand les lemmings sont absents, les prédateurs comme les renards se tournent habituellement vers les oies comme source de nourriture. Cependant, comme les lemmings sont faibles depuis 2 ans, on peut supposer que la production et la survie des renards l’année dernière ont été faibles, ce qui peut expliquer la faible prédation observée jusqu’à maintenant. Les éclosions des premiers nids doivent normalement commencer ces jours-ci.
Concernant la météo, ce sont des conditions près des normales jusqu’à maintenant. Donc, si les conditions se maintiennent, on peut s’attendre à une meilleure production de jeunes à l’automne que l’an passé.

D’autres nouvelles vont suivre dans les prochaines semaines.

à bientôt,

Benoit

Nouvelles de l’Arctique (rapport no 3)

Bonjour à tous et à toutes,

voici le troisième rapport portant sur la nidification des oies dans l’Arctique. Ce message provient de M. Gilles Gauthier chercheur à l’Université Laval:

Bonjour,
Je suis de retour de l’Île Bylot depuis une dizaine de jours. Je vous ramène donc quelques nouvelles de cette région. Côté météo, nous avons un été à l’opposé de ce que nous connaissons dans le sud du Québec. Jusqu’à maintenant, le ciel nuageux domine avec peu de soleil, de la pluie assez fréquemment et surtout beaucoup de brouillard, ce qui inhabituel à Bylot. La température n’est pas très froide mais très humide.
Tel qu’indiqué dans mon précédent message, l’effort de reproduction des oies est assez bon cette année et la chronologie de la ponte a été légèrement hâtive (2 jours plus tôt que la normale cette année). Toutefois, la prédation sur les œufs, en particulier par les renards, a été forte jusqu’à l’éclosion. Suite à deux années de forte abondance de lemmings (2010 et 2011), leurs populations se sont effondrées cette année et leur densité est très faible. Dans ces conditions, les prédateurs de lemmings comme le renard se tournent alors vers les oies, surtout les œufs et les jeunes. Environ le tiers des nids que nous avons suivi ont été détruit par la prédation avant l’éclosion comparé à moins de 15% l’an passé. On a toutefois déjà connu des années où la pression de prédation tait encore plus forte avec plus de la moitié des nids suivis détruits.
La période d’éclosion des oies en début juillet a coïncidé avec une semaine de beau temps relatif (en fait, une des rares cet été!) ce qui est bénéfique pour les oies, les jeunes étant vulnérable au mauvais temps (pluie, vent et froid) durant leurs premiers jours. On peut néanmoins s’attendre à ce que la pression de prédation par les renards sur les jeunes soit forte et diminue leur survie.
Sur la base de ces observations, il semble donc que la production des oies cette année pourrait être correcte et près de la moyenne mais probablement moins bonne que l’an dernier.
La dernière étape de la saison sera le baguage des oies à la mi-août. Cette activité devrait nous permettre d’avoir une meilleure idée de la production attendue pour cet automne. Je devrais avoir ces informations à la fin août.
Gilles Gauthier Département de biologie & Centre d’études nordiques

La migration automnale est à nos portes!

à bientôt,

Benoit

Nouvelles de l’arctique (rapport no 2)

Bonjour,

voici d’autres nouvelles en provenance de l’Arctique sur le site de suivi de nidification situé à l’île Bylot:

D’abord, la météo du mois de juin a été en dents de scie là-bas. Le temps a d’abord été beau et assez chaud durant les premier 10 jours de juin ce qui a permis une fonte de la neige assez rapide et près de la normale. Par contre, les conditions des 10 jours suivants ont été mauvaises avec de la pluie/neige fondante fréquente, absence de soleil et quelques tempêtes de vent, ce qui a perturbé un peu le travail des équipes. Depuis quelques jours, le beau temps est revenu.

Tel que mentionné dans mon précédent message, les oies sont arrivées tôt à l’Île Bylot cette année et, probablement grâce au beau temps du début du mois de juin, elles ont commencé à nicher rapidement. Sur un premier échantillon de 196 nids, la date moyenne de ponte est le 9 juin, soit 3 jours plus tôt que la normale (12 juin). La densité de nids dans la colonie semble élevée et la taille de ponte est aussi assez élevée, soit 3.9 œufs/nid, également un peu au-dessus de la normale. La mauvaise météo de la mi-juin ne semble pas les avoir trop affectées.

Le point négatif toutefois est la prédation. En effet, lors d’une première revisite de ces nids en mi-incubation, 22% étaient déjà totalement détruits. Les renards sont particulièrement actifs cette année. La raison principale est certainement la faible abondance des lemmings. Après 2 années de forte abondance, notre première séance de trappage de ces petits mammifères à la mi-juin indique une très faible abondance (à peine 15 captures sur nos 3 grilles de trappage comparé à plus de 150 à la même période l’an passé). Quand les populations de lemmings s’effondrent comme cela est le cas cette année, les renards se tournent alors vers les œufs d’oies comme proie principale et le succès de nidification des oies chute.

Il est donc difficile de faire un premier pronostic sur la production attendue des oies pour l’automne car on a un mélange jusqu’à maintenant de conditions favorables (nidification hâtive, effort de reproduction élevé) et défavorables (prédation élevée).

Je quitte dans 2 jours pour rejoindre l’équipe. Je vous tiendrai au courant de la situation à mon retour à la fin juillet.

Source:
Gilles Gauthier
Département de biologie & Centre d’études nordiques

à bientôt,

Benoit