Historique

État de la situation

La population de Grande Oie des neiges a subi d’importants changements au cours des 100 dernières années. Au début du 20e siècle, elle était composée d’environ 2 à 3000 individus. À cette époque, elle était menacée de disparition. De plus, les oiseaux migrateurs n’étaient protégés par aucune loi. C’est en 1916 que le Canada et les États-Unis ont signé une convention concernant la protection des oiseaux migrateurs. En 1917, cette convention s’est traduite par une loi canadienne, revue en 1994, et portant le nom de Loi de 1994 sur la Convention Concernant les Oiseaux Migrateurs (LCOM). De cette loi a découlé le Règlement sur les oiseaux migrateurs (ROM) qui réglemente la chasse sportive.

Dans la première moitié du 20e siècle, la population de Grande Oie des neiges s’est mise à augmenter graduellement pour atteindre près de 50 000 individus à la fin des années ‘60. Dans la deuxième partie du 20e siècle, elle a augmenté de façon exponentielle pour atteindre près d’un million à la fin des années ‘90. Selon l’inventaire printanier de 2012 du Service Canadien de la Faune, elle est maintenant estimée à 1005000 +/- 85 000. Plusieurs changements dans la répartition et dans les comportements migratoires des oies ont été observés depuis le début de cette augmentation.

Les principaux changements observés s’articulent autour de la distribution des oies au Québec. Historiquement, elles utilisaient seulement le secteur de l’estuaire moyen du Saint-Laurent situé entre la ville de Québec et l’Islet-sur-Mer. De nos jours, elles utilisent toute la vallée du fleuve Saint-Laurent de la pointe est de l’ontario jusqu’à Matane en passant par le Lac-St-Jean.

Un changement majeur de régime alimentaire s’est produit dans les années ’80. Après s’être répandues dans les marais à spartine vers l’est, les oies ont commencé à s’alimenter sur les terres agricoles. Au début, elles s’alimentaient dans les champs entourant leur aire de distribution traditionnelle. Au fil des ans, elles ont commencé à se répartir sur un plus grand territoire.

Constatant que les champs agricoles pouvaient leur fournir une quantité suffisante de nourriture, elles ont modifié leur stratégie migratoire. Au lieu d’effectuer une migration sans escale entre leur halte migratoire au Québec et leur aire d’hivernage sur la côte est américaine, elles effectuent une migration par petit saut. Ce qui veut dire qu’elles se déplacent d’un secteur d’alimentation à un autre pour atteindre leur aire d’hivernage.

Pertes pour les producteurs agricoles

Cette alimentation sur les terres agricoles n’est pas sans conséquence pour les producteurs agricoles. Les oies occasionnent des pertes importantes depuis le début des années ‘90. Au Québec, les pertes annuelles entre 1992 et 2004 se chiffrent en moyenne à 750 000 $ (Bélanger et Lefebvre, 2006). Ces pertes sont principalement occasionnées au printemps par un broutement intensif des oies dans les prairies de plantes fourragères.

Pour réduire les dommages occasionnés par les oies, plusieurs mesures ont été mises en place. Une méthode qui s’est avérée efficace à court terme est l’effarouchement. Par contre, il est difficile de séparer l’effet de l’effarouchement de celui de la chasse. Il est important de noter que cette mesure n’est pas une solution à long terme. Elle a permis de réduire les indemnisations dans certaines régions comme sur la Côte-du-Sud, mais les indemnisations à l’échelle du Québec sont restées relativement stable depuis l’instauration du programme. L’effarouchement joue le rôle du pompier qui intervient lorsque le feu fait rage. Depuis son instauration, les coûts alloués au programme d’effarouchement ont augmenté pour atteindre 150 000$ en 2004. Les besoins des fédérations de l’UPA sont en augmentation et elles se demandent à chaque année si elles auront l’argent nécessaire afin d’intervenir adéquatement pendant toute la période de migration printanière. C’est pourquoi il est primordial d’étudier des mesures complétmentaires à l’effarouchement qui permettrait de résoudre le problème de déprédation agricole et de mettre en valeur d’une façon noble cette ressource faunique.

Pourquoi un projet-pilote?

Afin de pallier à cette problématique, le Service Canadien de la Faune d’Environnement Canada dans son plan d’action 2005-2010 soulignait l’importance d’une prise en charge de la gestion de cette ressource à l’échelle régionale. L’oie passe dans la plupart des régions du Québec, mais à des périodes différentes occasionnant des problématiques différentes. C’est pourquoi les intervenants locaux doivent se concerter afin d’élaborer une gestion intégrée propre à leur situation local.

Étant donné que la région de Montmagny à toujours été une halte migratoire importante pour les oies, les intervenants présents dans cette région sont déjà mobilisés et préoccupés par la situation. De plus, c’est dans cette région que les premiers dommages aux cultures ont été constaté et que le premier programme d’effarouchement a été mis en place 1992. Elle était toute désignée pour réaliser ce type de projet.

C’est en 2009 que M. Daniel Racine a élaboré une ébauche de projet. Au tout début du projet, M. Racine s’est inspiré de l’entente spécifique sur le cerf de virginie développé en Chaudière-Appalaches entre 2004 et 2008. Cette entente a été un succès. Pour ce faire, la MRC de Montmagny a engagé le biologiste Benoit Gendreau afin de développer un plan d’action et pour rencontrer les différents intervenants. Après quelques temps, l’idée de concrétiser une entente spécifique a été écarté.

C’est à l’automne 2010 que le projet-pilote de gestion intégrée des oies à véritablement pris sont envol. C’est à l’aide d’une subvention d’Environnement Canada que les premières actions ont pu être développées.  Deux autres subventions en 2011 et en 2012 permettent maintenant au projet de se poursuivre. Depuis, d’autres sources de financement ont été concrétisée dont une provenant du Programme Canadien d’Adaptation Agricole d’Agriculture et Agroalimentaire Canada par l’entremise du Conseil pour le Développement de l’Agriculture du Québec. Cette subvention assure le financement jusqu’à la fin de 2013.

Maintenant que le côté financier du projet est assuré, le coordonnateur s’affaire maintenant à concrétiser les actions inscrites dans les demandes de subventions. Pour plus de détails, cliquez sur le lien suivant actions mises de l’avant dans le cadre de ce projet pilote.