Relations avec les agriculteurs

La majorité des terres où il est possible de chasser les oies blanches appartiennent à des agriculteurs. Établir de bonnes relations avec eux est primordial afin d’avoir accès aux différents secteurs convoités. Pour ce faire, il faut bien comprendre les défis auxquelles font faces les agriculteurs et l’effort qu’ils ont mis afin d’avoir de beaux champs et de beaux chemins. Il est important de garder en tête que chaque agriculteur il a ses propres expériences avec les chasseurs. De plus, il faut se mettre dans leur peau, un inconnu (vous) lui demande l’accès à ses terres pour aller tirer du fusil… À première vue, n’importe qui serait hésitant à donner une telle permission à un inconnu pour qu’il puisse y chasser. Il faut être convaincant et démontrer que vous êtes digne de confiance.

Trouver le propriétaire

Ça peut paraître simple au départ, mais ce n’est pas toujours évident de trouver rapidement le propriétaire des champs convoités. Pour aller frapper aux différentes portes, je vous conseille fortement de ne pas être habillé en chasseur. De cette façon, si vous rencontrer des gens qui n’apprécient pas la chasse, vous n’aurez pas à vous justifier inutilement. Un autre conseil est de regarder votre montre! Parfois, il est vraiment trop tôt pour déranger les gens. C’est à vous d’utiliser votre jugement dans l’approche d’un propriétaire.

La première étape consiste à observer les fermes situées le plus près du champ convoité. Parfois, les bâtiments sont situés directement sur la terre où les oiseaux s’alimentent. Dans ce cas, il est facile d’aller demander la permission. Comme les fermes sont de plus en plus grosses, les bâtiments (étable et garage) peuvent être situés à plusieurs km…. Dans ces circonstance, il faut frapper aux portes des différentes maisons que vous voyez dans le secteur. Tout en étant poli, informez-vous à qui appartient les champs où vous désirez chasser. Si après quelques tentatives, il vous ait impossible de trouver le propriétaire, il vous faut absolument trouver un autre champ. Je vous déconseille fortement de chasser le champ sans avoir préalablement discuté avec le propriétaire.

Pour trouver le propriétaire, il faut vraiment être observateur et être opportuniste. S’il y a un chemin sur la terre, observez bien quelle est la direction principale que la machinerie emprunte lorsqu’elle sort du chemin de ferme. Prenez la route dans cette direction et arrêtez-vous à la première ferme. Si ce n’est pas lui le propriétaire, il pourra certainement vous fournir le nom du propriétaire. En dernier recours, vous pouvez vous présenter au bureau de la MRC de votre région ou au bureau de la ville en question pour demander de l’information.

Comment approcher le propriétaire

Premièrement, soignez votre image afin de faire une bonne première impression (aide-mémoire = vous allez lui demander pour tirer du fusil chez lui…). S’il effectue des travaux, attendez qu’il vienne vers vous. Serrez-lui la main et demandez-lui si vous le déranger. Par la suite, confirmez avec lui que le champ où vous avez observé des oies est bel et bien le sien. Enfin, demandez-lui poliment s’il accepte des chasseurs sur ces terres et si elles sont déjà réservé par d’autres groupes. Rassurez-le en indiquant que vous êtes une personne digne de confiance et que vous êtes très respectueux des terres où vous chassez, car elles vous permettent de pratiquer votre activité favorite. Sans elles, vous ne pourriez chasser les oiseaux migrateurs que sur des terres publiques ce qui est rare. Mentionniez que vous ramassez toutes vos douilles ainsi que vos bourres. Demandez-lui également quels sont les chemins d’accès et si vous pouvez circuler dans son champ en véhicule. La circulation des véhicules sur sa terre est un des points les plus litigieux. S’il vous indique qu’il ne faut pas dépasser tel champ avec votre véhicule, il faut respecter cette précision.

Si le producteur est hésitant à vous permettre l’accès à ces terres, indiquez-lui que vous n’utiliserez pas de véhicules motorisés. De plus, faites-lui part du nombre de chasseurs qui feront partis du groupe ainsi que l’heure à laquelle vous pensez arriver surtout lorsque c’est au beau milieu de la nuit! Il ne faut surtout pas oublier de stationner les véhicules de façon à ne pas bloquer de chemin de ferme, ni d’entrée. Pour terminer, indiquez-lui les dates où vous viendrez chasser et demandez-lui de ne pas donner l’accès à un autre groupe de chasseurs afin d’éviter les conflits. Remettez-lui votre numéro de téléphone pour qu’il puisse vous contacter ou le donner à d’autres chasseurs qui viendraient le voir. En terminant, n’oubliez pas de lui demander s’il pense faire des travaux agricoles dans ce champ la journée de votre chasse. Il n’y a rien de plus plate que de voir un tracteur approcher alors que la chasse bat son plein!

Les premières rencontres avec les agriculteurs sont les plus difficiles, mais au fil des ans vous établirez plusieurs contacts. Ces contacts sont précieux et vous devez absolument les inscrire dans votre cahier de notes. La connaissance des propriétaires des différentes terres de votre secteur de chasse est la clé qui mène vers un succès régulier.

De plus, soyez respectueux des contraintes établies par le propriétaires et surtout, ramassez tous vos déchets. Vous n’êtes probablement pas le premier à chasser sur cette terre, alors si vous y avez accès, c’est parce que des chasseurs respectueux et propres sont passés avant vous. Pour que le chasseur conserve une image positive de la chasse, il faut rien retrouver à l’emplacement où vous avez chassé.

On réserve pour la saison ou pour une journée? On donne de l’argent ou un cadeau?

Voici deux questions très importantes. Ma réflexion est la suivante: lorsque qu’un agriculteur me donne accès à ses champs, je remercie toujours ceux qui sont passés avant moi et qui ont chassé dans ce champ sans toute fois le réserver pour toute la saison. En retour, je fais la même chose, je réserve le champ pour la journée de ma chasse et je laisse la place aux autres en le rendant disponible immédiatement après avoir terminé. Dans ma tête, c’est premier arrivé premier servi. Dans certaines circonstances, si un producteur vous donne une exclusivité, car il vous fait confiance et qu’il aime mieux faire affaire avec un seul groupe, libre à vous d’accepter. Le problème se pose lorsqu’un groupe réserve plusieurs terres qu’ils ne sont pas capables de couvrir adéquatement. Dans ce cas, il y a souvent des opportunités de chasse qui se perdent dû au manque de nourriture dans le champ et surtout au manque de disponibilités des chasseurs qui l’ont réservé.

Ça fait maintenant près de 20 ans que je chasse les oiseaux migrateurs aux champs et je n’ai jamais eu d’exclusivité sur une terre. J’ai toujours réussit à me trouver un secteur quelques jours avant ma chasse. Parfois, il faut faire avec ce qu’il reste, mais je trouve que c’est une bonne manière de démocratiser l’accès au territoire. Si tous les groupes de chasseurs fonctionnaient de la même façon, il y aurait de la place pour tout le monde et les frictions seraient de beaucoup réduites.

Maintenant, comment remercier un agriculteur qui nous donne accès à ces champs. Pour ma part, je trouve que bâtir une relation sur des échanges d’argent ce n’est pas très solide, car aussitôt qu’un autre chasseur plus fortuné arrivera dans votre secteur, il n’aura qu’à débourser plus d’argent que vous pour établir une « relation ». Dans la majorité des cas, les agriculteurs vous laisserons l’accès à leurs terres de façon toute à fait gratuite. En de rares occasions, certains m’ont dit qu’il demandait 20$ par chasseurs ce qui n’est pas exagéré. J’aime bien leur demander s’ils aiment la viande de gibier. La plupart disent qu’ils n’en mangent pas, mais lorsque vous mentionnez que vous allez transformer la viande (cuisses confites, rillette, terrine, emballage sous-vide, saucisses, pâté, etc…) et revenir leur en porter dans quelques semaines, la plupart disent oui. Je prends soin d’aller acheter une bouteille de vin lorsque je vais leur porter leur sac de viande. De cette façon, je crois qu’il y a une vraie relation qui s’établi entre vous et lui. Lorsque vous irez le voir lors de la prochaine saison, il se rappellera de vous bien plus que si vous lui aviez donner quelques billets verts!

De plus, n’hésitez pas à demander aux producteurs s’ils ont d’autres problèmes avec la faune (marmottes, corneilles, oiseaux noirs, coyotes, pigeons, etc…). Vous pouvez lui offrir vos services pour contrôler ces espèces en échange de l’accès à ses terres.

Pour terminer, j’aimerais vous mentionner qu’il essentiel de tout ramasser les déchets après votre journée de chasse (oiseaux morts et blessés bien évidemment, cartouches vides, bourres, papier, etc…). Il est également très important de respecter une bonne distance entre vous et les premiers bâtiments même si vous devez vous placer dans un endroit moins propices pour la chasse. Il est rare que les gens aiment se faire réveiller à 5:30 de matin par des coups de feu…. Ce type de comportement pourrait faire en sorte que le producteur ferme ses portes aux chasseurs dans le future.

Je vous invite à lire la section « Déroulement d’une chasse«