Les bases

La Grande Oie des neiges fascinent tant par sa beauté que par sa migration que par le défi qu’elle représente pour le sauvaginier. On peut facilement dire qu’une belle chasse printanière à l’oie est l’ultime défi du sauvaginier tout comme la récolte d’un gros buck chevreuil peut l’être pour les chasseurs de gros gibiers.

Dans cette section, je vous présente les grandes lignes de ce que peut-être la chasse à l’oie au printemps. À noter que chaque journée de chasse est différente et qu’il n’y a pas de recettes gagnantes à tout coup. La chasse à l’oie demande un renouvellement constant et c’est seulement au bout d’un long processus d’essais et erreurs que vous pourrez obtenir du succès de façon régulière. Par contre, ces quelques pages vont vous aider à limiter les erreurs et à maximiser le plein potentiel de votre journée de chasse.

Premièrement, chaque chasseur doit prendre connaissance du règlements de chasse aux oiseaux migrateurs avant de débuter la chasse. En gros, la chasse printanière à l’oie est uniquement permise sur les terres agricoles. La limite de pris quotidienne est de 20 oies par jour par chasseur et il n’y a pas de limite de possession.

Comme dans tous types de chasses, il y a des bases dans la chasse à l’oie que tout chasseur doit maîtriser afin de bien profiter de cette activité. Après l’avoir acquise, certains pousseront plus loin quelques éléments qui les animent particulièrement comme l’appel, la stratégie de positionnement des appelants, les armes, le camouflage, la prospection, etc… Les chasseurs d’oies comme les autres types de chasseurs se doivent à priori d’avoir un intérêt marqué envers le gibier convoité. Ils doivent absoluement se renseigner sur la biologie de l’espèce et lire différentes sources d’information afin de bien connaître se qui guide les oies dans leurs déplacements migratoires et alimentaires.

L’oie blanche est un oiseau migrateur qui parcourt annuellement plus de 8 000 km afin de compléter son cycle vital. L’aspect migrateur de ce gibier doit occuper une place importante dans la tête des chasseurs. Cet aspect influence grandement les opportunités de chasses selon les régions où l’on se trouve au Québec. C’est cet aspect qui guide les oies dans leurs déplacements. Un secteur peut-être remplie d’oies un soir et le lendemain matin, leur nombre est réduit à quelques centaines d’individus simplement parce que les conditions pendant la nuit étaient favorables à leur déplacement. Il faut donc être prêt lorsqu’elles se poitent le bout du bec dans votre secteur de chasse. Voici une carte générale du parcours migratoire des oies:

Comme vous pouvez le constater en regardant la carte, les oies se déplacent beaucoup au cours d’une année. L’hiver, elles se rassemblent sur la côte Est des États-Unis (Caroline du Nord, Viginie, Delaware, Maryland, New Jersey). Selon la carte, elles se concentrent vraiment près de la côte, mais nous pourrions facilement doublé la superficie occupée par la couleur verte. Depuis qu’elles s’alimentent dans les terres agricoles, elles s’aventurent plus loin à l’intérieur des terres que se soit qu Québec ou sur la côte est Américaine.

Au printemps, au fur et à mesure que les journées s’allongent et que la neige fond, elles remontent vers le nord. Elles utilisent deux coridoirs migratoires. Le premier est situé à l’ouest. Il les mènera au sud du lac Ontario pour ensuite les amener dans le secteur de Valleyfield. Le deuxième, un peu plus à l’est, passe par la vallée du fleuve Hudson aux États-Unis jusqu’au Nord du lac Champlain au Québec et ensuite, c’est la rivière Richelieu qui les mènera jusqu’au fleuve St-Laurent. De là, ces deux corridors n’en font qu’un qui se nomme le fleuve St-Laurent.

Vers le milieu du mois de mai, elles vont quitter la vallée du St-Laurent pour se rendre dans l’Arctique. C’est là qu’elles vont passer l’été, entre autres, pour se reproduire, élever leurs jeunes et remplacer (muer) leurs plumes. Au début de septembre, elles entâment leur migration vers le sud qui se terminera sur la Côte Est Américaine vers la fin du mois de décembre.

Les corridors empruntés lors de leurs déplacements printaniers ne sont pas les mêmes qu’en automne. Le chasseur d’oies au printemps doit donc prendre ces différences en compte s’il désire obtenir du succès. À ce sujet, vous pouvez lire la section trouver les oies.

Pour terminer, j’aimerais simplement ajouter que lorsque vous avez l’occasion d’observer des oies évoluer dans leur environnement naturel, prenez des notes sur ce qui influencent leurs déplacements (avion, hélicoptère, machinerie agricole, chasseur à l’approche, coyotes, etc…), comment étaient-elles positionnées dans le champ lorsqu’elles s’y sont posées(faire la même observation à chaque demi-heure par exemple), la densité des oies (très dense, dense, peu dense, très peu dense, occupe toute l’espace disponible dans le champ), se qu’elles font (mangent, marchent beaucoup, dorment, boivent, font de court vol pour atteindre un certain secteur du champ ou un champ voisin, etc…). N’hésitez pas à faire des croquis du secteur où vous faites de l’observation. Plus vous accumulerez d’informations sur les oies et sur le secteur où vous chassez, plus vous aurez de chance de faire de belles chasses.

Pour conclure, l’objectif premier de la chasse n’est pas de ramener une quantité donnée d’oies, mais plutôt de passer du temps en famille ou entre amis dans un cadre naturel et jovial. C’est à vous de fixer vos standards afin de faire de ces journées un moment unique qui restera graver dans vos têtes.

Résultat d’une chasse automnale entre bons copains. Ce n’est pas une chasse miraculeuse, mais le plaisir était au rendez-vous et c’est ça qui compte.