Le camouflage

La camouflage est sans aucun doute l’un des aspects les plus important lorsque l’on chasse les oiseaux migrateurs en particulier les oies blanches. Par contre, il est souvent négligé parce que c’est l’étape que nous réalisons en dernier alors que les premières lueurs du jour se pointent à l’horizon. Si je peux vous donner un petit conseil, vous êtes mieux d’installer un peu moins d’appelants et de conserver un peu plus de temps pour bien vous camoufler. Ce n’est pas 100 appelants de plus qui vous permettront de récolter plus d’oies, mais bien le temps que vous aurez passé à trouver le matériel naturel pour vous couvrir ou couvrir vos caches.

Pour bien comprendre à quel point le camouflage est négligé, vous n’avez qu’à arpenter les routes de campagne lors de la prochaine saison de chasse. Prenez le temps d’observer les installations des autres chasseurs. Les caches sont souvent les premières choses que vous allez voir! Dîtes-vous que si l’œil humain voit les caches, les yeux des oiseaux les ont repérées bien avant vous. La vision chez les oiseaux est un de leur sens les mieux développés. La raison est simple, sans un sens de la vue bien développé, ils ne pourraient pas repérer leurs proies, leurs prédateurs, les obstacles lors de leurs déplacements, etc… De plus, les oies se déplacent généralement en gros voiliers ce qui fait sorte qu’il n’y a pas qu’une paire de yeux qui vous regarde, mais plusieurs dizaines voir des centaines!

Dans les prochaines lignes, je vais détailler les principales façon de se camoufler lorsque vous chasser les oies. Il est important de comprendre qu’il n’y a pas une situation qui est pareil et que chaque champ, chaque région, chaque période de l’année offrent différentes possibilités de camouflage. À vous de voir laquelle est la plus appropriée pour votre situation.

Le choix du champ

Lors de votre prospection (repérage des champs intéressants en prévision d’une chasse, trouver les oies), il est essentiel de garder en tête la question suivante: Si je choisis ce champ, comment je vais m’y prendre pour bien me camoufler? Si vous n’avez pas de réponse à cette question ou qu’elle semble très complexe, vous êtes peut-être mieux de trouver un champ adjacent à ce secteur qui vous permettra de bien vous dissimuler. De cette manière vous allez faire une chasse de trafic (c’est-à-dire chasser sous un corridor de vols et tenter d’attirer les oies qui passent), mais au moins vous n’allez pas scraper un champ nourricier en étant mal caché.

Le type de cultures qui se trouve dans le champ influence grandement la façon dont vous pouvez vous y prendre pour vous cacher. Un champ de maïs-grain n’offrira pas les mêmes possibilités de camouflage qu’un champ de foin ou de petites céréales ou de maïs ensilage ou même de soya! De plus, vous devez posséder l’équipement (cache de différentes couleur, toile camouflage avec différents motifs, etc…) nécessaire pour vous cacher dans chacun des types de cultures disponibles dans votre secteur de chasse.

Le type de champ où il est le plus difficile de se cacher est sans aucun doute, les champs de foin au printemps alors que la végétation n’a pas encore réellement débutée sa saison de croissance… Dans ces circonstances, il faut exploiter les lisières et les canaux de drainages.

Types de cache

Il existe une multitude de compagnies et de modèles. Il faut faire un choix selon nos techniques de chasses, nos exigences de confort et notre gabarit. Je vous suggère de choisir une cache de type tombeau qui possède le profil le plus bas possible. Il ne faut surtout pas que votre cache est l’air d’une balle de foin! Si vous ne voulez pas vous procurer une cache de type tombeau, il y a toujours moyen de se bricoler une cache de type pyramidale. Par contre, vous devez creuser un trou dans le champ et les agriculteurs accordent rarement la permission d’Effectuer ce genre de trous. De plus, ça demande beaucoup de temps et d’effort.

Voici ce à quoi peut ressembler une cache pyramidale. À noter qu’il est préférable de dissimuler ce type de cache en bordure des champs, car elle est relativement haute. Cette image provient du site internet développé par Jean-Yves Gagnon que je vous invite à visiter.

Pour ma part, j’utilise le modèle de cache Power Hunter de la marque Avery. Cette cache n’est pas la plus confortable, mais elle offre plusieurs possibilités pour bien se cacher selon les conditions qu’offrent le champ. Si le champ le permet, je conserve le dôme et je chasse en habit camouflage.

Voici ce que je considère un camouflage parfais en dehors de l’installation d’appelants. Dans ce cas, nous avons conservé les dômes afin de bien nous camoufler. Par contre, après plusieurs heures d’attentes, ce modèle de cache devient vite inconfortable surtout s’il pleut.

Si je veux chasser en blanc, je n’ai qu’à retirer le dôme et je peux utiliser le bas de la cache comme un lit (bed) ce qui permet de bien cacher mes jambes, mes balles, mon lunch et de couper l’humidité du sol. Par contre, la chasse en blanc demande un minimum d’appelants afin de bien dissimuler les masses blanches qu’occasionnent le haut du corps des chasseurs. Chasser en blanc permet souvent aux chasseurs de s’épauler avant même que les oies les aient vues! C’est une différence importante entre faire feu sur des oiseaux fuyants ou des oiseaux immobiliser au-dessus des appelants! Ceci est particulièrement important lors de journées venteuses où les oiseaux sortent rapidement hors de portée des fusils.

Voici deux photos montrant à quoi peut ressembler la cache power hunter sans le dôme afin d’y chasser en blanc. Le chasseur s’allonge où l’on voit le fusil ce qui lui permet de baisser sa silhouette suffisamment pour ne pas dépasser le dos des appelants.

Pour les autres modèles de cache à profil bas, le choix dépend de votre gabarit et du type de chasse que vous préférez. Par exemple, si vous privilégiez la chasse à la bernache et que vous ne chassez l’oie que quelques fois par année, vous êtes mieux de choisir votre cache en fonction du type de chasse que vous pratiquez le plus.

La clé du succès avec une cache à profil bas, peu importe le modèle, est d’utiliser le matériel disponible dans le champ (maïs, foin, paille de céréale, etc…) afin de bien la cacher. Par contre, recueillir le matériel pour couvrir entièrement plusieurs caches peu demander beaucoup de temps et de ressource selon le type de champ. Il faut parfois consacrer la moitié de l’équipe à compléter cette besogne (souvent se sont les nouveaux qui effectuent cette tâche ;)).

De façon général, je chasse les oies avec le haut du corps en blanc avec gagoule et le bas du corps dans la power hunter. De cette façon, je n’ai pas besoin d’acheter de pantalon blanc. Je vous suggère d’acheter un manteau blanc de bonne qualité (50$). Il ne faut surtout pas acheter les manteaux blancs de type militaire en nylon mince parce que lorsqu’il pleut on aperçoit les vêtements foncés à travers du manteau. De plus, ne porter pas votre manteau blanc pendant l’installation des appelants et du matériel de camouflage sur vos caches. Ces actions pourraient salir votre manteau et faciliter le travail des oies pour vous repérer. Enfiler votre manteau blanc seulement lorsque la chasse est sur le point de commencer.

L’autre aspect très important du camouflage est le mouvement des chasseurs surtout si vous chassez habillé en blanc. Lorsque les oies approchent, elles vous regarde constamment. Il est donc important de spécifier aux chasseurs inexpérimentés l’importance de ne pas bouger. Si les oies arrivent et que vous n’avez pas la main sur votre arme, ce n’est pas le temps de bouger pour la prendre. De plus, n’hésitez pas à ramener à l’ordre les chasseurs qui bougent trop!

Pour conclure sur la section camouflage, ne négligez jamais cet aspect de la chasse aux oiseaux migrateurs en général. Pour savoir si quelque chose cloche dans votre installation, n’hésitez pas à vous éloigner de quelques centaines de pieds pour bien l’observer. Si vous remarquez quelques chose, n’hésitez pas à effectuer les changements qui s’imposent. Vous pouvez étudiez le comportements des premières bandes pour savoir si vous êtes bien camouflés. Si elles semblent vouloir se compromettre, mais qu’à environ 250 pieds elles rebroussent chemin, c’est probablement parce que vous êtes mal camouflés. Un autre aspect à ne pas négliger est l’évolution de votre camouflage au courant de la matinée. À force de vous lever, de tirer et d’aller chercher des oies abattues, le camouflage tombe. Il est important de prévoir un tas (pas trop haut évidement) de matériel de camouflage que vous laisser derrière vous. À votre guise, vous pourrez l’utiliser pour combler les lagunes sur votre cache et pour dissimuler les oiseaux morts.

N’hésitez pas à commenter directement cette page et la lire la section sur les appelants.

à bientôt!