Les appelants

Le chasseur d’oies débutant qui entend des chasseurs expérimentés discuter peut vite se décourager lorsqu’il les entend dire qu’ils ont installé plus de 1000 appelants sans compter les autres pièces d’équipements!!! Il ne faut pas penser qu’il faut absuluement posséder tout cet attirail pour effectuer de belles chasses. Dîtes-vous que ceux qui possède cet équipement ne font pas leur quota à chaque sortie! La chasse à l’oie est l’ultime défit du sauvaginier spécialement au printemps et que les gros set-up ne sont pas un gage de réussite…

La fameuse question des appelants d’oies… Combien en faut-il pour espérer faire une belle chasse?, lesquelles sont les meilleurs?, comment les disposer?, les plus durables?, etc… Il y a plusieurs écoles de pensées… Par contre, tous les chasseurs s’entendent pour dire qu’après le camouflage, c’est l’un des aspects les plus importants. Je vous livre ici la façon dont je fonctionne et les équipements que j’utilise. Je vais quand même prendre le temps de faire un survol générale de tous les types d’appelants disponibles sur le marché.

Voici une de mes premières histoires de chasse à l’oie au champ. Elle se déroulait sur l’île d’Orléans au milieu des années 90′. Alors que je travaillais sur une ferme en compagnie d’un ami, nous avions repérés un bon rassemblement d’oies et nous voulions les chasser. À cet époque, je ne possédais aucun appelants… Que faire? Nous avons donc acheté 24 sacs blancs à poubelle, nous les avons gonflés et brochés sur des piquets de bois ce qui nous a permis de faire descendre une belle bande et de récolter quatre oies!

Alors, pourquoi la chasse à l’oie est elle si différente près de 20 ans plus tard? À cette époque, la population d’oies étaient en pleine expansion et la moyenne d’âge des oies étaient relativement basse dû à une expansion récente. De nos jours, il y a un fort pourcentage d’oies adultes qui ont atteint une certaine « sagesse ». Ces oies sont très méfiantes et elles ont appris à ce méfier des installations peu réalistes des chasseurs. Il faut ajouter à ce facteur, la chasse printanière qui permet aux oies « d’apprendre » plus rapidement qu’avant, car la période de chasse (ou période d’apprentissage pour les oies) est plus longue. De plus, la chasse aux appelants oriente la récolte des chasseurs vers les oies juvéniles (jusqu’à 90% en automne) qui se laissent plus facilement berner par les leurres des chasseurs. Ce phénomène fait en sorte que la moyenne d’âge dans la population reste haute… Ceci à comme impact que lorsque le taux de reproduction est élevé, la chasse est excellente, mais lorsqu’il est bas, les résultats sont médiocres à causes des raisons énumérées ci-haut et que les chasseurs ne sont pas capables de s’adapter à des saisons plus difficiles.

Maintenant parlons d’appelant! Il y a quelques années, ma philosophie était d’installer le maximum d’appelants peut importe leur qualité. À l’automne, ce type d’installation donnait de beaux résultats, mais au printemps ça ne fonctionnait pas. Alors, je me suis mis à chasser seulement avec des appelants les plus réalistes (coquilles et plein corps ou full body). C’est à partir de ce moment que je me suis mis à obtenir de beaux résultats de façon beaucoup plus constante et ce, même au printemps. Au printemps, le tableau de chasse est souvent composé de plus de 50% d’oies adultes comparativement à environ 10% à l’automne. Ma nouvelle philosophie est donc d’installer seulement les appelants les plus réalistes que je possède. À l’automne, lorsque la pression de chasse est forte, parfois je sors mes appelants moins beaux afin d’augmenter leur nombre et me démarquer des autres groupes qui utilisent des installations plus petites.

Les types d’appelants

Il existe présentement une multitude de compagnies et de modèles disponibles sur le marché. Dans les prochaines lignes, je vais vous détailler chacun des modèles. Par contre, je m’attarderai très peu aux différentes compagnies. L’objectif n’est pas de faire de la publicité, mais bien de vous renseigner sur le type d’appelants qui vous convient le mieux.

Les sillosocks/windsock et leurs alliés

Ce type d’appelants gonfle avec le vent. Généralement ces appelants sont fabriqués en Tyvek et la majorité ont structure (back bone) à l’intérieur qui lui permet de rester relativement réaliste même lorsqu’il n’a pas de vent . Ce type d’appelant possède quelques avantages qui lui sont propres. Premièrement, ils prennent très peu de place (un chasseur peut facilement en transporter plus de 100 appelants sur une bonne distance), deuxièmement, ils sont peu dispendieux (environ 80-90$/dz) et troisièmement, un chasseur débutant peut facilement s’en fabriquer. Par contre, les inconvénients sont nombreux: pas construits très solidement, déprécient rapidement (perte de valeur monétaire), peu réaliste dans certaines circonstances, mouvements peu réaliste lorsque le vent est trop fort, lavage demande beaucoup d’effort et la disposition des appelants suit tout le temps la direction du vent (peu de possibilité de positionnement des appelants) ce qui ne permet aux chasseurs de faire une installation vraiment réaliste.

voici quelques photos des différents modèles:

Les sillosocks:

Les Deadly decoys:

Les white rocks:

Le choix du modèle et de la compagnie est personnel à chacun des chasseurs selon votre expérience et les discussions que vous pouvez avoir avec différents groupes chasseurs. Pour ma part, j’ai chassé pendant près de 5 ans avec une installation composée à 85% de sillosocks accompagnée de 15% de coquilles/full body. Cette installation m’a donné beaucoup de succès tant à l’automne qu’au printemps en installant les plus beaux appelants au bas du vent afin que les oies en approche se concentrent sur ces derniers. De plus, certaines compagnies offrent des modèles économiques (c’est-à-dire sans impression de couleurs) à prix réduit, des juvéniles, des adultes, des mangeuses vs des guetteuses, etc… C’est à vous de faire votre choix. De plus, un chasseur attentif pourra en acheter des usagés à rabais sur les différents forums de chasse ou sur Les pacs ou Kijiji.

Les coquilles

Les coquilles offrent un bon compromis entre les sillosocks/windsock et les full body. Elles sont un peu plus dispendieuses (entre 100$ et 180$/dz.) et prennent un peu plus de place que les sillosocks, mais leur réalisme est supérieur et ce dans la majorité des circonstances de chasse. Encore ici, différentes compagnies offrent une panoplie de modèles. Celles les plus répandues sont les 5/8 tnt de la compagnie Avery… Ici, je vous fait une petite mise en garde sur ce modèle. La première génération (<2009) de ces appelants était excellente avec un plastique épais et durable, par contre depuis quelques années, la qualité a diminué jusqu’à en être gênant. À titre d’exemple, les têtes se brisent parfois lors de l’assemblage, alors imaginez après quelques saisons de chasse à se faire brasser dans la remorque ou en situation de chasse…

Pour ma part, j’utilise des coquilles deux pièces dans mon installation de la compagnie G et H. C’est un modèle qui date déjà de quelques années, mais vous pouvez en trouver encore soif neuve ou usagée. Elles prennent peu de place en s’empilant les une dans l’autres, le cou est long représentant très bien la Grande oies des neiges et elles viennent avec plusieurs modèles de tête. Par contre, il faut calculer plusieurs minutes pour effectuer l’assemblage des deux pièces. De façon général, les coquilles sont munies d’un piquet qui ajoute au réalisme lorsqu’il vente un peu, mais lorsque le vent est trop fort, elles peuvent s’envoler et nécessité un effort supplémentaire de la part des chasseurs pour bien les fixer.

Voici une installation principalement composée de coquilles deux pièces de grosseur standard (20 pouces). Ces 100 appelants bien disposés m’ont permis de récolter mes 20 oies au printemps!

Les full body

Les appelants de type plein corps ou full body sont sans aucun doute ceux qui sont les plus réalistes. Par contre, ils prennent beaucoup de place et sont dispendieux (280 et 350$/dz.). Le grand avantage de ce type d’appelant est que peu importe les conditions, il ressemble à de vrai oies. De plus, ce type d’appelant permet de chasser tant au printemps qu’à l’automne et d’avoir du succès. Si votre budget le permet, que vous possédez la remorque pour le transport ainsi que la place pour ranger le tout à la saison morte, il est évident que ce type d’installation vous procurera des sensations fortes.

Ici, je ne ferait pas l’énumération et la critique des différentes compagnies qui vendent un modèle d’appelant de type plein corps. Pour avoir essayé la majorité des compagnies, chacune offre certains avantages parmi cette liste: prennent peu de place, se lave facilement, sont plus durables, s’installe rapidement, leur forme est plus réaliste, etc… et des inconvénients: longues à installées, prennent beaucoup de place, fragile, etc… Le choix d’une compagnie ou d’une autre dépend vraiment de votre expérience et du critère auquel vous apportez le plus d’importance. En dernier lieu, dîtes-vous que ce type d’appelants conserve une excellente valeur de revente!

Voici une image de ce que peut représenter une partie d’une installation de type plein corps.

Le nombre et la disposition

Le nombre

Voilà les deux vraies questions en ce qui attrait aux appelants. Si vous possédez une installation composée de plus de 500 full body, dîtes vous que vous ne tuerez pas plus d’oies que les autres chasseurs si vous n’êtes pas capable de les disposer de façon réaliste et surtout au bon endroit… Plus l’installation est grande plus il est facile de faire une erreur, car on s’applique un peu moins à chaque appelant!

Premièrement, il faut savoir combien d’appelants un chasseur d’oies à besoin. Plusieurs facteurs entre en ligne de compte dans la détermination du nombre d’appelant à utiliser. En voici quelques-uns, quels sont vos attentes envers cette chasse (nbr de jour-chasse prévu, objectif de récolte, est-ce votre type de chasse principale, etc…)?, combien de chasseurs vont parti de votre groupe (installer 400 appelants seul ou en équipe de 4 ce n’est pas la même chose)?, quels sont vos moyens financiers?, à quelle période de l’année prévoyez-vous chasser (printemps vs l’automne)?, et est-ce que la pression de chasse est forte dans votre secteur de chasse? Certaines réponses à ces questions pourront vous aider à prendre la bonne décision.

Une installation comprise entre 300 et 500 appelants composée d’un mélange de coquilles et de full body vous permettra d’affronter pratiquement toutes les possibilités qui s’offrent à vous. C’est un nombre réaliste qui demande un certain investissement, mais à 4 ou 5 chasseurs (100 appelants/chasseur), vous atteindrez rapidement ce nombre. Si vous êtes seul, une installation d’une centaine d’appelants sera amplement suffisante dans certaines circonstances. Par contre, vous devrez mettre un peu plus d’effort lors de la prospection afin de trouver des rassemblements d’oies plus faible et plus tranquille loin de certains secteurs à forte pression de chasse.

Je ne crois pas qu’il est nécessaire de posséder plus de 500 appelants. Vous êtes mieux d’investir dans le réalisme (coquille/full body) que d’acheter et d’installer plus de 1000 appelants composée principalement de sillosocks/windsock. Un dernier conseil si vous débutez, optez plutôt pour le réalisme au lieu du nombre et achetez-en un petit peu à chaque année. De plus, il est possible d’acheter des appelants usagés sur certains forums de chasse à la sauvagine (sauvaginiers et sauvaginiersduquebec)

Un autre aspect à considérer lors de l’achat d’appelants est le ratio entre les guetteuses et les mangeuses. Comme la majorité des chasseurs allez chasser dans un champ (site nourricier), il est nécessaire que votre installation soit principale composée de mangeuses (85 %). Trop de guetteuses indiquent aux oies qui sont en approche qu’il y a peut-être un danger dans les environs et elles poursuivront leur route…

La disposition

La disposition des appelants est sans aucun doute une des clés qui mène vers le succès. Il faut que votre installation ait l’air réaliste de loin, mais également lorsque les oies sont très près de vous. Elle doit absolument refléter la disposition des oies qui étaient dans ce champ la veille ou dans les champs où vous avez observé des oies dans votre secteur. À l’automne, vous pouvez disposez vos appelants en famille (4-8) accompagnés d’appelants solitaires. Au printemps, les groupes de familles seront réduites à 2 ou 3 individus par groupe.

Dans la disposition des appelants, il faut prendre en considération que les oies sont très compétitives lorsqu’elles s’alimentent dans un champ. Celles qui viennent rejoindre le groupe auront tendance à se poser près de l’endroit où la densité d’oies est la plus forte (pour elles, densité forte d’oies = c’est là que la nourriture est présente). Pour permettre un tir facile à une portée adéquate, vous devez chassez à l’endroit où la densité est la plus élevée dans votre installation. N’hésitez pas à étirer votre installation afin d’améliorer la visibilité à longue distance tout en conservant une zone dense près des chasseurs pour faciliter le tir.

Voici à quoi peut ressembler une installation vue de face composée à 75% de coquilles/full body et 25% de windsock. Les appelants les plus réalistes étaient disposer devant l’installation.

Ici, la même installation, mais de plus près. On remarque rapidement les windsock en arrière plan. Elles sont toujours orientées dans le sens du vent ce qui rend l’installation moins réaliste à courte distance.

Voici le résultat de cette chasse. Même si nous n’avons pas fait notre quota (nous avons terminé avec 15 oies/chasseur), c’est l’une de mes plus belles chasses à l’oie à vie, car je ne m’attendais pas à un résultat aussi bon.

Pour terminer la section appelant, j’aimerais vous mentionner que vous devez toujours garder vos appelants très propre. Après une chasse dans la boue, vous vous devez absolument de les nettoyer, car des appelants sales peuvent compromettre le résultat de votre prochaine chasse. Ce n’est pas recommandé d’attendre à la saison suivante pour le nettoyer, car certains resteront tâchés.

Le lavage des appelants n’est peut-être l’étape la plus intéressante, mais elle est primordiale. De la boue sur des appelants blancs, ce n’est pas le top! Elle permet également aux chasseurs de discuter chasse et de se crinquer pour la saison qui approche.

Pour le reste, il s’agit de s’adapter à la situation et aux conditions auxquelles vous faites face. N’hésitez pas à essayer de nouvelles configurations (autres que les traditionnels « U »,  « V » et « J ») qui vous permettront de vous démarquer des autres groupes de chasseurs des environs. De plus, si vous voyez que les oies sont hésitantes à venir à porter de fusil, levez-vous et effectuez des changements (améliorer le camouflage, déplacez des appelants, etc…) rapidement même si ces modifications vous font manquer quelques volées. Mieux vaut sacrifier quelques bandes que de voir toutes les oies rebrousser chemin à quelques centaines de pieds de vous.

Vous pouvez également consulter la section sur les équipements connexes.