Déroulement d’une chasse

Si vous avez lu toutes les sections précédentes sur les techniques de chasse à l’oie, vous devez vous demandez quand va-t-il se mettre à parler de chasse! Nous y sommes, la cadran sonne, il est 2:45 am, vous êtes prêts et vous vous dirigez en compagnie des autres membres de votre équipe vers le champ sélectionné. Vous êtes très fébriles et vous espérez que ce matin sera le bon!

La veille de votre chasse, je vous conseille de contacter vos différents partenaires afin de discuter avec eux du champ choisi. Si possible, ouvrez votre ordinateur et à l’aide de Google Map et/ou Google Earth analyser le champ en compagnie de vos coéquipiers en fonction des dernières prévisions météorologiques. Cette analyse vous permettra de comprendre le comportement des oies, les secteurs où ils seraient possibles de bien vous dissimuler, la porte d’entrée des oies selon la prévision des vents, la quantité d’appelants que vous pensez utiliser, etc… Cette analyse vous permettra d’économiser de précieuses minutes le matin de votre chasse, car chaque membre de l’équipe sera à quoi s’attendre. De plus, si certains membres sont en retard, il leur sera possible de trouver le champ par eux-mêmes.

Les conditions idéales

On ne se le cachera pas, les conditions météo ont une grande influencent sur votre succès de chasse surtout à l’oie. Un des facteurs les plus importants est sans aucun doute le vent. Les oies parcourent de grandes distances pour s’alimenter et lorsqu’il ne vente pas, elles vont voler très haut rendant la chasse très ardue. Un vent oscillant entre 20 et 40 km/h est parfais. Un vent trop fort pourra faire bouger de façon anormal les appelants diminuant du même coup le réaliste de votre installation. L’autre facteur qui influence les résultats est le couvert nuageux. Si le ciel est dégagé, le soleil occasionnera des reflets sur les appelants. Ces reflets feront fuir les oies. Le dernier facteur qui influence les résultats est la température. Si pendant la nuit elle a chuté sous le point de congélation et qu’il fait soleil, vous n’aurez pas beaucoup de chance de faire une belle chasse. Le givre augmente les reflets.

En conclusion, les conditions idéales sont un bon vent (>20km/h), un couvert nuageux avec un plafond le plus bas possible et absence de précipitation. Le pluie fera en sorte de limiter la circulation des oies. Lorsqu’il pleut, les oies trouvent un champ et elles y restent souvent toute la journée, car elles y trouvent de la nourriture et surtout de l’eau.

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Vous voilà tous dans le champ

En général, une installation prend environ 2 heures à monter et calculer une bonne demi-heure pour les imprévus (accès difficile, retard d’un membre de l’équipe, etc…). Dans un monde idéal, il faut être prêt lorsque les premières lueurs se pointent à l’horizon. De cette façon, si des canards passent, vous serez en mesure de les chasser.

Lors de l’installation, il est primordial que chaque membre de l’équipe est un rôle bien défini (ex: installer les appelants, ramasser du matériel pour le camouflage, transporter le matériel, etc…). En général, les membres les plus expérimentés s’occupent de l’installation des appelants. Cette étape est très importante parce que lorsqu’il fait noir, il n’est pas facile de bien estimer les distances et l’allure général de l’installation. Les membres moins expérimentés s’occupent de ramasser du matériel de camouflage et de l’installer sur les caches ;).

Après ce travail, il est temps de se coucher dans vos caches et d’attendre. Il est important de répartir les chasseurs de la bonne façon dans les différentes caches. Par exemple, ceux moins expérimentés seront près d’un chasseur expérimenté. Si vous avez un gaucher dans votre équipe, il est important de le placer à la bonne extrémité afin qu’il puisse avoir un angle de tir plus grand. Pour des raisons de sécurité, placez les caches près l’une de l’autre de manière à pouvoir vous toucher ce qui évitera les tirs par-dessus la tête de vos coéquipiers.

Juste avant le début de la chasse, il faut définir celui qui donnera le « go » juste avant le tir. De façon général, ce chasseur est placé au centre afin de bien voir tout ce qu’il se passe. Son rôle est de commenter les oies qui approchent et retenir les tirs des chasseurs trop pressés. Il doit être expérimenté et avoir une vision global de la situation. De plus, il ne faut pas qu’il hésite à dire qu’il ne voit pas les oies qui approchent. À ce moment, c’est un autre équipier qui prend le relais et donne le « go ». Il est primordial que le synchronisme entre les chasseurs soit excellent lorsque le go est donné. C’est souvent à partir de se moment que les oies commencent à fuir rendant les tirs plus difficiles.

Les premières bandes arrivent

La période d’attente de la première bande peut sembler une éternité, mais c’est mieux que d’être en retard… C’est à ce moment que le doute s’installe: sommes-nous dans le bon champ?, est-ce que les oies vont venir?, que se passe-t-il?, etc… Pour ne pas vous faire surprendre, vous pouvez scanner le ciel à l’aide d’une paire de jumelles.

La façon dont les premières bandes abordent votre installation vous indiquera si la chasse sera bonne ou mauvaise. Si les premières bandes semblent vous ignorez et poursuivre leur route, ce n’est pas bon signe. C’est probablement parce que le champ n’a plus l’attrait qu’il avait. Par contre, si la majorité des bandes vous survole c’est bon signe.

De façon général, il est difficile de faire descendre une bande au complet à porter de tir comme lors d’une chasse à la bernache. Lorsque les oies vous survolent, il faut qu’une certaine proportion d’entre elles cassent et montrent de l’intérêt pour votre installation. Les oies qui commencent à tourner autour de votre set-up vont en attirer d’autres. Si vous désirez faire une grosse chasse, il ne faut pas tirer les oies solitaires, à moins qu’il n’y en ait par d’autre aux alentours. Aussitôt qu’un groupe de quelques oies se placent à belle portée, il faut en profiter et tirer. Les oies vont rarement passer deux fois à portée de tir au-dessus du set-up sans se rendre compte que quelque chose cloche. Gardez en tête que ce n’est pas des bernaches et que les oies travaillent de façon vertical c’est-à-dire qu’elles descendent rapidement au-dessus du set-up comparativement aux bernaches qui vont faire plusieurs tours… Lorsque qu’il vente à plus de 20 km/h, les oies vont rarement faire plus d’un tour pour se poser. Alors, aussitôt qu’elles sont à porté, tirez! Vous pouvez tenter de faire approcher les premières bandes de plus près. Ces bandes vous indiqueront à quel moment vous devez faire feu. Si vous voyez que les oies sont coopérantes, profitez-en pour les laisser approcher le plus possible. Dîtes-vous qu’elles ne sont jamais trop près de vous! De plus, analysez si se sont des oies adultes ou des juvéniles qui sont en approchent. Les juvéniles n’hésiteront pas à venir très près, mais pour les adultes, il ne faut pas attendre trop longtemps avant de faire feu.

Les premières bandes cassent, mais arrivé à 200-300 pieds, elles changent brusquement de direction pour s’éloigner

Si ce phénomène se produit, c’est que votre installation est attractive de loin, mais à courte distance, elle fait peur aux oies. À ce moment, un membre du groupe doit sortir de sa cache pour observer ce qui cloche. Il doit analyser l’installation de loin et de près (disposition des appelants, appelants sur le côté, membre de l’équipe qui bouge, coyote, chevreuil, renard, vent trop fort pour les windsock/sillosock, caches mal camouflées, etc…) . À l’oie blanche, il faut que l’installation soit la plus réaliste possible. Dans la majorité des cas, c’est le camouflage qui fait défaut.

À la suite de cette analyse, il faut absolument effectuer les changements qui s’imposent. C’est-à-dire: refaire le camouflage, replacer certains appelants, enlever certains type d’appelants, enlever les flyers et les vortex, etc… Faites ces changements le plus rapidement même si cela vous fait manquer quelques bandes. Aussitôt terminé, retourner vous cacher et observer le comportement des prochaines bandes. Si elles coopèrent, c’est que les changements effectués étaient les bons. Sinon, refaite le même manège.

La ligne de vols semble s’être déplacée et les oies ne vous survolent pas

C’est une des pire situation parce que pour faire une belle chasse à l’oie, il faut être là où il y a du trafic! Tentez par tout les moyens d’attirer l’attention des oies (t-flag, flyers, vortex, etc…). Si ça ne fonctionne pas, vous êtes condamnés à espérer que des oies finiront par venir dans votre direction. À la fin de votre chasse, essayer de comprendre pourquoi les oies ne sont pas revenues et éviter de répéter la même erreur lors d’une sortie futur.

Très peu d’oies parviennent à votre installation

Lorsque la chasse est débutée depuis quelques heures, vous pouvez facilement évaluer si le nombre d’oies observées correspond à vos observations des derniers jours. S’il semble vraiment inférieur, c’est peut-être parce que les oies se sont posées dans un champ qui se trouve entre vous et le dortoir. Dans ces circonstance, vous n’avez pas beaucoup de chance de faire une belle chasse. Pour éviter que ce phénomène se produise, je vous suggère de ne pas être trop loin du dortoir. Ce phénomène se produit souvent lorsque vous chassez un cul-de-sac. C’est-à-dire que vous êtes placés dans les derniers champs disponibles sur le flyway. C’est une erreur à éviter à tout prix à moins que ce champ soit rempli à craquer de nourriture.

Trop de vent!

Est-ce vraiment possible? Oui, mais il est possible de faire des ajustements afin que son impact soit minime. Lorsque le vent est très fort, je vous conseille de très bien planter vos piquets et de ne pas utiliser de windsock/sillosock. si vous n’avez pas le choix d’utiliser ce type d’appelants, il faut planter le piquets de manière à ce que l’appelant ne bouge pas trop. Vous pouvez même fixer les sillosock de manière à ce que le corps touche le sol. Par contre, vous allez user rapidement vos appelants lorsqu’ils frottent au sol.

L’avantage lorsqu’il vente fort, c’est que les oies volent très bas. Mis à part le mouvement exagéré des appelants qui peut-être facilement remédié, il y a d’autres désavantages. L’un d’eux est le temps que les oies prennent pour parvenir à portée de tir. Ce temps est souvent long parce qu’elles luttent contre le vent ce qui leur permet de bien analyser votre set-up. L’autre inconvénient est la vitesse à laquelle elles peuvent fuir. Lorsqu’ils vente fort, elles n’ont qu’à ouvrir leurs ailes pour quitter la zone dangereuse. Il faut donc attendre qu’elles soient vraiment près de vous avant de faire feu si vous voulez que votre deuxième et troisième balles soient efficaces.

Que faire lorsque les oies volent très bas (<100 pieds), mais rendu à 4-500 pieds de votre installation, elles se mettent à prendre de l’altitude au lieu de fermer les ailes et de se poser parmi vos appelants. Dans ces circonstances, je vous suggère de laisser un ou deux tireurs dans le set-up et de dissimuler les autres chasseurs dans un canal juste avant que les oies prennent de l’altitude. De cette manière, ils pourront intercepter les oies juste avant qu’elles prennent de l’altitude. Par contre, ces chasseurs doivent être très bien cacher pour ne pas que les oies les voient. Le chasseur qui reste dans le set-up pourra tirer les oies qui veulent s’y poser. Si aucune oie ne veut se poser, il est mieux de s’installer au bas du vent avec les autres chasseurs.

Conclure la chasse

Quand la chasse prend-t-elle fin? Lorsque le quota est fait 😉 ou lorsque les oies ne volent pu. C’est très variable d’un secteur à l’autre et d’une journée à l’autre. De façon général, environ 3 heures après de levé du soleil, les oies ne volent pu. Si vous chassez près du fleuve, certains facteurs comme la marée pourront occasionner des mouvements en milieu de journée. Si la marée est haute vers midi, il est fort probable que les oies qui s’alimentaient sur la batture iront faire un tour dans les champs. C’est à vous de décidez quand prendra fin votre chasse. Comme, j’ai deux enfants et une blonde qui m’attendent aussitôt que le mouvement ralenti, j’en profite pour retourner à la maison. Je préfère chasser seulement quelques heures le matin que de mettre une pression inutile sur les oies toute la journée. De cette façon, je me libère du temps pour un autre matin ;).

J’espère que tous ces petits conseils vous ont été utile. Je vous souhaite d’excellentes chasses en bonne compagnie.