Enfin, la saison est terminée!

Bonjour à tous et à toutes,

enfin, la saison de chasse à l’oie 2018-2019 est derrière nous! Possiblement l’une des plus difficile depuis de nombreuses années. Pour les chasseurs, les raisons sont toujours nombreuses pour expliquer des succès en dessous de leur attente. La première raison est dû à la reproduction des oies qui a été très faible en 2018. Comme la chasse dépend beaucoup du nombre de jeunes dans la volée (oiseaux plus naïfs), un taux de 4% d’oies juvéniles en 2018 (moyenne à long terme de 22%) n’est pas suffisant pour espérer faire de beaux tableaux de façon régulière. J’ajouterais à cette raison qu’au courant des sept dernières années, le taux d’oies juvéniles dans la volée est en moyenne de 14% soit 8% sous la moyenne à long terme. En conclusion, la chasse à l’oie des neiges est dans une période difficile…

Pour ce qui est de la chasse printanière à Pointe à Lacaille, j’ajouterais le printemps tardif comme deuxième raison pour expliquer la saison difficile. Un printemps tardif ralentie grandement la progression des oies vers l’estuaire. Ce retard fait en sorte qu’une bonne partie du troupeau d’oies colle autour du lac Saint-Pierre. Ces oies ne passent pas par la région de Québec avant de migrer pour l’Arctique. Elles quittent le Centre-du-Québec pour se rendre directement dans le nord. Il y a donc une partie du troupeau que nous ne chassons pas lors d’un printemps tardif. Pour terminer, le vent a été très peu présent. Cet élément climatique est capital pour espérer déjouer quelques oies surtout en l’absence de jeunes.

À quoi s’attendre pour la saison 2019-2020?

De nombreuses personnes affirment déjà que la reproduction sera mauvaise parce que nous avons connu un printemps tardif. Il est important de spécifier que les oies se reproduisent à plus de 4000 km de la vallée du fleuve Saint-Laurent… Si nous avons connu un printemps tardif, le nord du Québec et l’est de l’Arctique ont pour leur part connu un printemps au dessus des normales. Le secteur qui nous intéresse est Pond Inlet qui est le plus gros village près de l’île Bylot (abrite la plus importante colonie d’oies). Depuis plus d’un mois, je regarde quotidiennement les prévisions météorologiques pour ce secteur (c’est maladif mon affaire, je songe a me faire soigner) 😉 . En effet, les températures sont au-dessus des normales depuis plusieurs semaines. Présentement, il y a quelques jours plus froids, mais les températures vont remonter vers la fin de la semaine. Tout ça est très positif pour la reproduction des oies.

Les prochaines semaines seront très importantes. En effet, les oies n’ont que quelques jours pour pondent leurs œufs (entre le 8 et le 12 juin) et espérer avoir un bon succès de reproduction. Si les températures continuent d’être au-dessus des normales, on peut s’attendre à une bonne reproduction. De plus, la santé des oies est excellente, car elles n’ont pas eu à élever une famille ce qui demande beaucoup d’énergie et la plupart n’ont même pas pondu d’œufs à l’été 2018. Autre facteur influençant la reproduction des oies est la quantité de lemming présente dans l’Arctique. Depuis deux ans, les lemmings sont peu nombreux et leur cycle d’abondance est au quatre ans environ. Pour 2019, on peut donc s’attendre à une présence plus importante de ce petit rongeur. Lorsqu’ils sont abondants, les renards arctique les préfèrent et délaissent les œufs d’oies!

Je suis donc très optimiste pour la saison de chasse 2019-2020! De toute façon, à la chasse à l’oie il faut toujours rester optimiste sinon on est mieux de demeurer à la maison! 😉

Dans les prochaines semaines, M. Gilles Gautrier chercheur à l’Université Laval va nous envoyer les comptes rendus de ses équipes qui suivent la reproduction des oies dans l’Arctique. On peut attendre le premier compte rendu d’ici une à deux semaines.

cordialement,

Benoit

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