Les dortoirs d’oies blanches et leur importance économique

Bonjour à tous et à toutes,

voici un comminuqué de presse que je viens de faire parvenir aux principaux médias de la région de Montmagny:

Les premières volées d’oies apparaissent présentement dans la région. Les chasseurs et les observateurs attendent fébrilement l’arrivée de ces oiseaux emblématiques pour la Côte-du-Sud. Je vous présente ici l’importance des dortoirs d’oies et leur rôle capital dans l’abondance des oies dans la région.

Un dortoir est une zone de repos qui fournit aux oies une protection contre les prédateurs terrestres pendant la nuit. Il est souvent situé sur de grands plans d’eau comme le fleuve St-Laurent ou certains lacs. Le choix d’un dortoir est déterminé par son niveau de sécurité. La quantité de nourriture qu’il contient est très secondaire, car tôt le matin, les oies quittent ces zones de repos pour aller s’alimenter dans les champs, parcourant ainsi jusqu’à 40 km.

Le rôle de ces zones est crucial pour toutes les régions qui veulent maintenir ou établir une économie entourant les activités de mise en valeur des oies. Plus particulièrement, elles fournissent aux ornithologues un lieu d’observation et aux chasseurs une abondance permettant de faire de belles chasses dans les champs environnants.

En Côte-du-Sud

Il y une trentaine d’années alors que les oies s’alimentaient uniquement de scirpe d’Amérique, leurs dortoirs et leurs aires d’alimentation étaient tous deux situés sur les battures du fleuve St-Laurent. Elles devaient séjourner suffisamment longtemps dans la région afin d’acquérir l’énergie nécessaire à la poursuite de leur migration. À cette époque, les chasseurs étaient plus nombreux sur la batture que de nos jours et les oies étaient plus tolérantes à leur présence parce que la survie de l’espèce dépendait de cette unique source de nourriture.

De nos jours, la principale source de nourriture des oies se trouve dans les champs. Le scirpe ne fournit plus aux oies l’énergie nécessaire à leur survie. La zone d’alimentation (terre agricole) est maintenant séparée de celle de repos (fleuve et lacs). Le fleuve et ses battures jouent maintenant le rôle d’aire de repos permettant de maintenir une ressource abondante dans notre région. Il faut ajouter à ce fait que les oies ont maintenant accès à un vaste garde-manger et à de nombreux dortoirs répartis un peu partout dans les bases terres du St-Laurent. Cette multiplication des zones d’alimentation et de repos les a amenées à effectuer une migration par petits sauts. Elles se déplacent maintenant vers le sud en fonction de la disponibilité de la nourriture, de la sécurité des dortoirs et de la température. Elles ne sont donc plus prisonnières des battures !

Lorsqu’une aire de repos n’est pas suffisamment sécuritaire, les oies la désertent au profit d’une autre. C’est le phénomène que l’on observe dans la plupart des dortoirs de la région. En début de saison, les oies s’y installent quelques jours. Lorsque la chasse est pratiquée à proximité, elles se déplacent vers un dortoir plus sécuritaire comme le refuge d’oiseaux migrateurs (ROM) de St-Vallier ou le lac St-Charles à St-Charles-de-Bellechasse.

Dans tous types de chasse (chevreuil, orignal, oie, bernache, canard, etc.), la tranquillité des dortoirs est très importante dans la rétention du gibier dans un secteur. Les chasseurs d’expérience savent qu’il ne faut pas chasser trop près de ces habitats s’ils veulent conserver le gibier dans les environs. Ils sont les premiers à subir l’impact négatif d’une chasse en bordure des dortoirs. Lorsqu’ils ont été vidés, les chasseurs doivent changer de région entrainant des coûts supplémentaires.

Automne 2011

Lors de l’ouverture du Festival de l’oie blanche, les oies étaient absentes des battures de Montmagny. Météo trop clémente ? Arrivage tardif ? Étalement des oies ? Selon les inventaires effectués dans les jours précédant le festival afin d’alimenter ce blogue, les oies étaient bel et bien présentes (voir les archives d’octobre 2011). Tôt le matin du 6 octobre 2011, il y en avait plus de 12 000 sur les battures de Montmagny. Le samedi 8 octobre, elles s’étaient simplement déplacées vers le ROM de St-Vallier qu’elles jugent plus sécuritaire.

Voici une courte liste des principaux dortoirs sécuritaires au Québec : le réservoir Beaudette à Victoriaville, l’étang Burbank à Danville, le Lac-St-Jean et le ROM de St-Vallier. Ces régions ont su sécuriser ces milieux et elles tirent maintenant profit de cette ressource faunique. Les observateurs et les chasseurs y trouvent leur compte. Pourquoi ne pas s’inspirer de ces régions en protégeant adéquatement les dortoirs de notre région ?

Pour conclure, il est primordial que notre région se dote de dortoirs sécuritaires si nous voulons continuer de développer une économie entourant cette ressource à l’automne. Ces endroits feront en sorte que les oies seront abondantes et leur présence sera stable dans le temps, un peu comme nous l’observons au printemps. Les intervenants régionaux doivent travailler de concert afin de sécuriser ces sites si importants pour favoriser l’activité économique entourant la grande oie des neiges.

N’hésitez pas à donner vos impressions sur ce sujet!

Benoit

4 réflexions au sujet de « Les dortoirs d’oies blanches et leur importance économique »

  1. Maudit que je suis donc d’accord avec toi! Les dortoirs, laissez les tranquilles pour que nous puissions garder ces oiseaux dans notre belle région.
    Je déplore depuis plusieurs années la chasse intensive le long des refuges quand ce n’est pas carrément dedans et surtout à marée haute.
    moi j’ai compris leurs mouvements, je chasserai au Lac St-Jean cette année, si d’autres non pas encore compris la façon d’agir des oies depuis quelques années il comprendront dans quelques années lorsque que le troupeau ira ailleurs.
    Au plaisir de te relire
    Michel Lavoie

  2. il est très vrai que les refuges qui sont dérangés les oies changes leurs habitudes les gens de la zec de montmagny ne comprennent pas ça dommage ne pensée que faire quelques sou avec les chasseurs qui pour eux n`as pas très grande importance merci pour ton dévouement Fernando Barriault Valleyfield

  3. Bonjour à vous deux,
    merci pour vos commentaires. Un blog est bien plus vivant lorsque les gens le commente. La problématique de chasse en bordure des dortoirs se vit également à Cap-St-Ignace et à l’Isle-aux-Grues.
    Les oies ont changé et la majorité des chasseurs également. Il n’y a pas un chasseur qui irait chasser sur le réservoir Beaudette à Victoriaville ou sur l’étang Burbank à Danville, pourquoi, parce qu’il ferait fuire les oies et il ferait beaucoup de mécontent.
    Sur ce bonne saison,
    Benoit

  4. Félicitations pour votre blog, c’est très intéressant.

    Concernant le réservoir Beaudette à Victoriaville, c’est tout à fait normal qu’il n’y ai pas de chasse à cet endroit.
    Pour la simple raison que c’est un parc et que le plan d’eau est ceinturé par une promenade servant aussi de piste cyclable.

    Mercredi le 17 octobre, j’ai vu environ 10,000 à 15,000 entre Saint-Roch-des-Aulnaies et Saint-Pascal sur le fleuve.

    Guy

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